Un Réveillon Groumpfesque !
Un conte de Noël écrit et illustré par Natacha Rossignol
CONTE ET HISTORIETTE
Natacha Rossignol
15 min lire


Après vingt-trois jours passés chez les humains, les Groumpfs Gribouille et Cannelle reviennent au Pôle Nord pour aider le Père Noël dans sa grande tournée.
Sauf que cette année, rien ne se passe comme prévu : l’atelier est désert, les enfants ont été bien moins sages que d’habitude, et la magie semble vaciller…
Heureusement, nos deux petites boules de poils vont avoir une idée de génie qui pourrait bien sauver Noël — et réchauffer des millions de cœurs.
Un conte tendre, drôle et plein d’humanité, parfait pour attendre la neige et retrouver son âme d’enfant.
Un Réveillon Groumpfesque !
Un conte de Noël 🎄
Quand la magie de Noël est en danger...
Leurs petites boots crissant sur la neige poudrée, les groumpfs Gribouille et Cannelle arrivèrent au Pôle Nord le matin du 24 décembre.
Ils venaient de passer 23 jours chez la charmante famille Montbois.
Ils avaient adoré les rencontrer, passer du temps chez eux, apprendre à les connaître.
Le Père Noël avait eu cette idée brillante cette année : chaque groumpf, seul ou à deux, avait été envoyé dans un foyer humain le 1er décembre pour s’imprégner de leurs façons de vivre.
Ainsi, ils seraient en mesure de mieux préparer les cadeaux des enfants.
Cannelle et Gribouille avaient quitté les Montbois ce matin pour se préparer au jour le plus chargé de l’année. Le réveillon de Noël ! Ils étaient un peu émus de devoir se séparer ainsi, mais le devoir les appelait !
Il faisait nuit (et oui, au Pôle Nord, il fait nuit six mois de l’année, puis jour les six mois restants !), mais le ciel était éclairé d’aurores boréales aussi féériques que magnifiques, d’un bleu-vert presque éblouissant.
Le froid était… polaire, évidemment. De quoi faire grelotter même un groumpf ! Les souffles de Gribouille et Cannelle formaient des petits nuages de buée qui semblaient presque geler dès qu’ils sortaient de leur bouche.
Heureusement pour eux, qui n’étaient pas plus hauts que trois pommes, des tranchées étaient taillées dans toute la neige environnante pour qu’ils puissent se déplacer sans s’enfoncer.
« Groumki klonks gramczikc… »
Stop ! Attendez : je vais vous traduire, parce que sinon vous n’allez rien comprendre !
Gribouille venait en fait de dire : « On arrive ! »
Ils venaient d’atteindre le sommet d’un dôme de neige, et en contrebas se trouvait le village du Père Noël et de ses petits groumpfs. Le village semblait étonnamment calme pour cette période de l’année… beaucoup trop calme.
Seuls quelques rennes broutaient du lichen sur les réverbères d’érables, et l’on entendait presque les flocons scintillants tomber. L’odeur, en revanche, était toujours aussi délicieuse : un mélange de pin givré et de sucre d’orge. Cela sentait si bon dans leur cher Pôle Nord !
Impatients de raconter leurs aventures chez les humains à leurs congénères, Gribouille et Cannelle se précipitèrent vers l’atelier du Père Noël où, normalement, tout le monde devait être grandement affairé.
La fabrique de jouets du Père Noël était au centre du village.
Elle semblait juste un peu plus grande que les autres maisons, sauf que la magie opérait à l’instant où l’on franchissait sa porte : un bâtiment d’une taille gigantesque s’offrait alors aux yeux.
Une hauteur de plafond qui semblait toucher les étoiles, des escaliers de glace en colimaçon dans chaque recoin, des étages innombrables, des lumières éclairant la moindre parcelle et des groumpfs courant de partout pour tenir les délais…
Mais là, rien…
Pas l’ombre d’une oreille poilue.
Pas un seul ronronnement de machine.
Pas même l’odeur rassurante de la sciure de bois ou de la peinture fraîche…
Un calme digne d’un dimanche pluvieux à l’heure de la sieste.
Quand soudain, le grincement d’une porte résonna bruyamment dans toute la fabrique. Gribouille et Cannelle levèrent la tête.
Une petite silhouette trapue émergea, suivie d’un bonnet rouge tout de travers : Kraknor, le groumpf en chef.
« Ah ! Enfin, vous êtes là ! » grogna-t-il d’une voix râpeuse mais soulagée. « Dépêchez-vous, on n’attendait plus que vous dans le groumpforium ! »
(Il glissa sur une marche, se rattrapa de justesse, marmonna quelque chose en groumpf… mais ça, là, je ne le traduirai pas.)
Dans la salle régnait un brouhaha qui rassura Gribouille et Cannelle. Tout ce silence les avait quelque peu fait frémir et il était bon de retrouver la cohue digne d’un réveillon.
Tous les groumpfs se parlaient les uns les autres et les conversations résonnaient comme dans une cathédrale.
La salle, immense et grandiose, était entièrement taillée dans la glace.
Les poutres givrées étaient couvertes de stalactites et les murs étaient ornés de grands écrans de glace sur lesquels on n’écrivait magiquement rien qu’en parlant.
Kraknor se plaça à côté du Père Noël, qui trônait au centre de la gigantesque table ronde, ses gants rouges posés devant lui.
Un air préoccupé lui faisait froncer ses gros sourcils blancs broussailleux.
« Mes petits amis… les temps sont durs, commença-t-il d’une voix grave qui fit vibrer les stalactites du plafond. Les enfants n’ont vraiment pas été sages cette année et nous sommes face à un sérieux problème. Que leur offrir ? Nous ne pouvons tout de même pas ne rien déposer dans leurs petits souliers… »
Un murmure parcourut la salle.
Groupiks explosa : « Il faut dire que l’humain est une vraie énigme ! Moi, j’étais dans une maison où personne ne s’adressait jamais la parole… jamais ! Ils étaient tous chacun sur leur téléphone, la tête dans un écran… pas un mot, pas un regard, rien ! »
« M’en parle pas ! rétorqua Grafinette en levant les yeux au ciel. Moi, les miens ne se parlaient pas, ils se criaient dessus ! »
« Ah ben moi, ils se parlaient gentiment, oui, mais derrière… oh là là… ils se critiquaient à n’en plus finir ! soupira Ronflo. »
Quelques groumpfs approuvèrent en hochant leurs petites oreilles.
D’autres grincèrent des dents.
Le Père Noël soupira profondément, d’un souffle si chaud qu’il aurait pu faire fondre un coin de la table de glace.
Cannelle et Gribouille échangèrent un regard.
Puis la petite groumpfette leva sa patte toute ronde, légèrement tremblante d’émotion :
« Nous… nous avons été dans une famille vraiment charmante, dit-elle doucement.
Nous ne pouvons pas nous désespérer. Il faut que la magie de Noël opère, surtout dans des moments comme celui-ci ! »
Un silence doux se posa sur la salle.
Gribouille se leva à son tour, un peu maladroitement, pour que tout le monde l’entende bien :
« Moi, j’ai peut-être une idée… »
Il prit une inspiration.
« Les enfants chez qui nous nous sommes rendus étaient vraiment gentils et attachants. Je crois que… nous les avons attendris, pour une raison que j’ignore. Peut-être parce que nous ressemblons un peu à leur “peluche”. Ces petites boules de poils qu’ils aiment tant câliner… Peut-être pourrions-nous nous en inspirer. »
Cannelle tapa des pattes, les oreilles frissonnantes d’enthousiasme :
« C’est une excellente idée ! Créons une petite peluche enchantée… une peluche qui réagirait à leur comportement ! »
« Bravo, mes chers compagnons ! » tonna le Père Noël, les yeux pétillants comme deux étoiles gelées.
« Votre idée est brillante ! Mettons-nous au travail sans plus tarder ! »
Les fauteuils givrés grincèrent tous à l’unisson dans un même élan tandis que les petits groumpfs sautèrent sur leurs pattes, excités comme des flocons en pleine tempête.
Certains se levèrent un peu vite, glissèrent et se retrouvèrent sur leurs fesses en moins de temps qu’il ne faut pour dire « groumpf ».
Les écrans de givre se mirent à dessiner un prototype de groumpf en peluche avec toutes les caractéristiques techniques, et une petite musique entraînante se fit entendre dans toute la fabrique.
Un joyeux chaos revint dans tout l’atelier à la vitesse des lumières boréales.
Un petit groumpf dérapant par-ci, un autre grognant par-là d’excitation, les machines se mirent en route bruyamment.
Les tissus volaient magiquement de partout, les bobines de fil se précipitèrent d’elles-mêmes au bon endroit et tout le monde reprit sa place avec entrain.
Grakou était si excité de reprendre enfin le travail qu’il s’emmêla les pattes dans une bobine de fil et se retrouva ficelé comme un rôti de Noël.
Maladroitement mais sûrement, le travail avança et s’acheva à temps.
La soirée pointait le bout de son nez (il faut être né au Pôle Nord pour faire la différence avec le matin), et la pile de groumpfs et de groumpfettes en peluche était tellement gigantesque qu’elle semblait toucher le ciel étoilé.
Il fallait charger tout ça sur le traîneau.
Les groumpfs étaient plusieurs à s’affairer quand, tout à coup, l’un d’eux glissa de la pile de peluches comme une luge sur une piste bien damée.
Il atterrit devant le traîneau, le bonnet renversé et les poils hérissés.
« Grouchkani Krompitouch »
Non, ça, je ne peux pas vous le traduire non plus…
Un renne soupira, habitué à ce chaos groumpfesque, et secoua la tête, comme impatienté.
Ils n’étaient pas en avance, crénon de nom !
Le Père Noël s’approcha de Rinald, le renne exaspéré dont la queue frétillait d’impatience. Il le caressa de sa main gantée, son gant rouge disparaissant aussitôt dans l’épais pelage.
« C’est bientôt prêt, chef… on va y aller, ne t’agace pas, là ! » dit-il avec un clin d’œil complice.
Rinald souffla bruyamment par les naseaux, soulevant un petit nuage de neige. Il aimait bien les groumpfs, vraiment… mais saperlipopette, qu’ils savaient tester sa patience légendaire !
Kraknor pressa les petits groumpfs et Grafinette arriva en courant.
Swip ! Elle glissa sur une plaque de neige un peu trop piétinée et atterrit ventre à terre devant le groumpf en chef, dans un petit nuage de poudreuse.
Elle releva la tête juste assez pour lui faire un petit salut militaire :
« Tout est prêt pour le départ, votre floconnerie ! »
En entendant ça, Rinald poussa un Hrrmmff grondant, signe qu’il vibrait d’impatience à l’idée de décoller.
Le Père Noël s’approcha de lui et lui caressa l’encolure, suivi de trois petites tapes : leur code à eux pour signifier le départ imminent. Puis il poursuivit son rituel.
Il s’approcha ensuite de Raguld et lui gratta l’oreille droite.
Il déposa un bisou sur la joue gauche de Brisou.
Frokapic reçut sa caresse énergique sur le flanc — il secoua la tête de satisfaction.
Frourar eut droit au regard perçant et tendre du Père Noël, suivi de son habituel clin d’œil.
Il toucha délicatement l’épaule gauche de Poff.
Gratta la tête de Gratouille.
Ébouriffa puis recoiffa le toupet de Frisouille.
Enfin, il monta dans le traîneau débordant, qui grinça discrètement, saisit les rênes avec ses gants rouges fourrés et les claqua dans l’air gelé.
« En avant, mes doux amis… Allons répandre la magie de Noël dans tous les foyers du monde ! C’est une belle soirée pour faire des heureux ! »
Les majestueux animaux s’élancèrent dans un frouf sonore, la neige s’écartant en un souffle léger sous leurs sabots.
Puis, au bout de quelques instants, le lourd traîneau et tout son équipage s’envolèrent dans la nuit bleutée et froide.
Dans le ciel étoilé du Pôle Nord, le mythique convoi émettait un joyeux son de grelot. Le Père Noël soupira d’aise : c’était son jour préféré, celui où toute une année de travail aboutissait. Soudain, il entendit un son étouffé qui lui fit tendre l’oreille…
Groook ! … euh, pardon, en français, ça donnerait « Gnaanh ! »
Le Père Noël fut stupéfait de voir Gribouille et Cannelle sortir leur bonnet entre deux paquets.
« Mais… que faites-vous là, vous deux ? » demanda le Père Noël, un sourire aux lèvres.
Les yeux baissés, leurs petites oreilles pointues basses, Cannelle et Gribouille bafouillèrent :
« On avait très envie de vous accompagner, mais comme cela ne se fait pas, on n’a pas osé vous le demander… » grogna très vite Cannelle en faisant d’aussi grands gestes que ses petites pattes lui permettaient.
Gribouille enchaîna :
« On avait tellement envie de déposer les groumpfs en peluche… et… aussi de revoir les Montbois… »
Le Père Noël haussa un sourcil, puis partit d’un grand rire grave et pétillant de malice. Gribouille et Cannelle se regardèrent, bouche bée : c’était exactement une réaction de leur grand patron… mais pas du tout celle qu’ils avaient redoutée !
Après quelques instants d’un rire qui faillit faire tomber tous les paquets du traîneau, le Père Noël s’essuya une larme de rire au coin de l’œil, puis les regarda avec un attendrissement à faire fondre la banquise.
« Mes très chers petits compagnons, je vous dois bien ça ! C’est vous qui avez sauvé Noël cette année grâce à votre idée de génie ! Comment pourrais-je vous refuser ça ? »
Il redevint très sérieux tout à coup. Il se gratta le bonnet et déclara, penaud, en baissant les yeux :
« Je vous demande même pardon de n’avoir pas pensé à vous le proposer. Avec tous ces préparatifs, j’avais la tête ailleurs. »
Les deux groumpfs redressèrent une oreille à cette émouvante déclaration.
Ils vinrent s’asseoir chacun d’un côté du Père Noël et posèrent doucement une petite patte sur ses grands bras.
Ils échangèrent tous trois un sourire chaleureux, puis tournèrent leur regard vers la route que prenaient les rennes.
Ils arrivèrent rapidement à leur première destination.
La distribution des cadeaux commençait toujours par l’Amérique du Nord, puis du Sud.
La distribution des cadeaux commençait toujours par l’Amérique du Nord, puis du Sud.
Ils passèrent tantôt par les cheminées quand il y en avait une, tantôt par la porte d’entrée, une fenêtre ou même un velux. Parfois, ce n’étaient pas des maisons en dur, mais des cabanes, des roulottes, des huttes ou des abris de fortune.
Ils traversèrent ensuite l’océan Pacifique pour arriver en Océanie (sans avoir oublié les innombrables îles que comptait le plus vaste océan du monde).
L’Australie était un vaste pays qui comptait plus de kangourous que d’humains ; cela ne prit donc pas longtemps pour distribuer les peluches.
Toutefois, par une maladresse de Gribouille quand le traîneau changea de direction dans le désert, il est possible qu’un bébé kangourou ait reçu une peluche…
Ils remontèrent en Asie où l’ambiance changea du tout au tout !
Lumineuse, effervescente, débordante, immensément humaine.
Ils eurent beaucoup de travail et ce fut l’étape du voyage qui prit le plus de temps.
Les groumpfs s’émerveillèrent de tant de bruits et d’activité.
« C’est incroyable ici ! »
« Cela nous change de notre calme Pôle Nord, n’est-ce pas ? » rit le Père Noël.
« Là-bas, lorsqu’on entend un bruit, soit c’est une tempête de neige, soit un renne qui éternue, soit Gribouille qui tombe ! » éclata de rire Cannelle.
Gribouille la regarda en fronçant les sourcils, avant de partir dans un fou rire qui fit résonner les grelots du traîneau dans le vaste ciel chinois.
Arrivés en Himalaya, Cannelle remarqua que cela ressemblait un peu au Pôle Nord.
Les poils des rennes frémirent devant ces immenses montagnes, si belles, si majestueuses. Ils adoraient survoler cet endroit sacré du monde, où même le vent semblait souffler en silence pour ne pas troubler la paix des pics enneigés. Même Gribouille et Cannelle n’osaient ni bouger ni parler.
L’ambiance changea brutalement de nouveau lorsque le convoi se dirigea vers le Moyen-Orient, puis l’Afrique.
L’air se réchauffa rapidement, et presque dangereusement.
Cannelle et Gribouille suffoquaient, enlevèrent leur bonnet et tentèrent de se faire un peu d’air en fouettant leur couvre-chef devant leur visage dans un flap-flap-flap sonore et énergique.
Le Père Noël rit dans sa barbe et déclara malicieusement :
« Lors de mon premier voyage, j’ai cru que j’allais m’étouffer de chaleur ! J’ai fini par enlever tous mes vêtements et je me suis retrouvé en caleçon ! »
Gribouille et Cannelle, visualisant tout à coup leur patron en caleçon à flocons, rirent tellement fort qu’ils postillonnèrent sur les flancs de Gratouille et Frisouille.
Heureusement, l’air était si chaud que leurs postillons s’évaporèrent avant même d’atteindre les deux rennes. Ils auraient sans doute été un peu offensés de se faire cracher dessus, même malencontreusement !
Le voyage se termina en Europe.
Les rennes commençaient à sentir la fatigue du voyage arriver en Scandinavie, d’autant plus que son air polaire si familier sentait bon la maison !
De petits flocons, plus fins que partout ailleurs, commencèrent à tournoyer — les flocons de la maison, ceux qu’on reconnaît au premier regard.
Cannelle et Gribouille partageaient une émotion qu’ils ne savaient pas identifier. Ils se serrèrent tendrement les pattes, les yeux embués.
Le Père Noël les observait du coin de l’œil. Il connaissait bien ce sentiment. Oh que oui.
« Chaque fois que je termine ma tournée, un sentiment du devoir accompli m’envahit. J’ai le cœur léger et lourd à la fois. Voir toute la beauté de la Terre en une seule nuit, cela submerge d’émotion. À chaque fois… »
Il renifla, puis caressa vigoureusement leurs deux petites têtes en même temps, les laissant avec leur bonnet de travers et des flocons plein les oreilles.
« La magie de Noël n’est pas finie, mes très chers compagnons ; en réalité, elle ne fait que commencer ! »
Les rennes se secouèrent tous en même temps dans un nuage de neige et firent trembler le traîneau si fort que Gribouille tomba et fut rattrapé de justesse par le Père Noël, qui lui saisit la boots dans un geste habitué et serein.
Entre deux flocons, ils virent les lueurs de leur village apparaître et, avec elles, un sentiment de joie profonde, celui qu’on ne ressent qu’en rentrant d’un très long voyage.
Les rennes atterrirent dans un wrooouch bruyant et doux à la fois ; la neige fut projetée des deux côtés du traîneau, ses grelots tintinnabulants gaiement.
Tous leurs compagnons, Kraknor en tête, les attendaient avec impatience.
Lorsqu’ils virent Gribouille et Cannelle aux côtés du Père Noël, leurs yeux s’arrondirent et leurs oreilles se dressèrent si haut qu’on aurait dit qu’elles voulaient toucher les étoiles polaires.
Ils descendirent du traîneau.
Zwiiiiiip… Gribouille glissa aussitôt et fut rattrapé de justesse par Cannelle.
Tous se rendirent alors dans le groumpforium pour le traditionnel visionnage de l’ouverture des cadeaux, tandis que le Père Noël détachait les rennes et les remerciait pour ce nouveau voyage mené à bien.
Puis il rejoignit ses petits compagnons à bonnet, qui l’attendaient tout en écoutant Cannelle et Gribouille raconter leur périple.
Quand le Père Noël entra dans la salle, celle-ci se transforma automatiquement.
Tous les sièges de glace se positionnèrent en rangées devant un gigantesque écran de glace, apparu dans un éclair givré.
Le moment tant attendu du réveil des enfants allait arriver d’un instant à l’autre. Tous prirent place tandis que des millions de petites vidéos apparurent à l’écran, montrant les paquets préparés par leurs petites pattes, attendant sagement d’être ouverts.
En un instant, des bonnets s’agitèrent et des centaines de conversations se mirent à remplir la salle transformée en cinégroumpf : des enfants se réveillaient et commençaient à ouvrir leurs cadeaux.
Des petits rires fusèrent quand les peluches réagissaient déjà aux réactions des enfants.
Lorsqu’ils étaient émerveillés, les peluches brillaient, devenaient tellement douces que leurs petits propriétaires se mettaient à les câliner tendrement contre leur joue.
D’autres enfants, blasés d’avoir « une peluche, quoi ! Sérieux ?! », recevaient un nuage de neige au visage. Éberlués, ils regardaient leurs parents, qui éclataient d’un rire tonitruant, se transformant la plupart du temps en fou rire général, y compris chez l’enfant.
Toute la salle se mit à briller ; une douce chaleur se répandit en chacun d’eux, heureux d’avoir accompli leur mission si importante.
Le Père Noël regardait tantôt les vidéos des enfants, tantôt ses compagnons poilus, qui réagissaient avec un tel enthousiasme qu’il eut soudain le cœur bouffi d’amour et de reconnaissance.
Puis il chercha Gribouille et Cannelle du regard. Lorsqu’il les identifia dans la masse d’oreilles pointues et de bonnets gigotants, il les surprit en train de fixer une seule vidéo…
Il s’agissait d’un humble foyer canadien, chaleureux et qui sentait bon le sirop d’érable…
Les enfants Montbois pleuraient de joie d’avoir une peluche à l’effigie de Cannelle et une à celle de Gribouille. Ils les serraient contre leur cœur, tellement heureux de ne pas avoir à attendre une année supplémentaire pour retrouver leur bouille unique…
Gribouille et Cannelle sentirent, malgré la distance, la chaleur de l’étreinte des enfants, comme si, tout à coup, ils étaient au Québec avec eux. Ils croyaient presque entendre le crépitement du poêle à bois et la neige frapper les vitres.
Leur cœur se gonfla d’amour… Ils avaient tellement hâte de les retrouver l’année prochaine, pour de vrai…


FIN.
Droits d'auteur et illustrations : Natacha Rossignol
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